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Dans la Sarthe, un plus un font plus que deux…

22/07/2026

Comment développer des alternatives locales aux hyperscalers ou GAFAM tout en renforçant l’attractivité territoriale et la résilience numérique ? « En rapprochant les infrastructures de fibre et de calcul, les compétences et les usages », répond Dominique Le Mèner, Président de Sarthe Numérique. Le syndicat mixte, l’hébergeur DRI et Sartel (filiale d’Axione) ont officialisé, début juin 2026, un partenariat portant sur l’interconnexion de deux datacenters de proximité : Datagrex (infrastructure de DRI) et Sartera (datacenter public de la Sarthe inauguré début 2024). L’objectif : offrir un cloud souverain aux collectivités et PME du territoire. 

Techniquement, cette interconnexion s’appuie sur les technologies de transport optique WDM (Wavelength Division Multiplexing), adaptées aux usages critiques et aux échanges massifs de données. Sartera accueille les serveurs de DRI dans 5 baies hautement sécurisées (400 Gbit/s avec une latence inférieure à 1 milliseconde). DRI étend ainsi son infrastructure cloud Kubernetes et sa puissance de calcul IA sur plusieurs sites géographiques (au-delà de ses sites du Mans et de Nantes), tout en offrant 99,999 % de disponibilité. 

Pour une mairie par exemple, en cas d’incident sur l’un des datacenters, le relai se fait automatiquement sur l’autre grâce à une réplication en temps réel, sans interruption de service. Cette architecture multisite favorise les stratégies de Plan de Continuité d’Activité (PCA) avec la possibilité d’héberger des données sensibles (certification pour l’hébergement de données de santé- HDS). Côté impact environnemental, les deux datacenters affichent des performances énergétiques répondant aux meilleurs standards du marché : PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,13 pour Datagrex, 1,25 pour Sartera. L’ensemble est certifié ISO 27001 et 14001, garantissant sécurité et maîtrise de l’empreinte carbone. En outre, DRI développe une plateforme d’IA souveraine et éco-responsable via un programme collectif de recherche et d’innovation baptisé « Frugalia », hébergé en France avec Easyvirt et le laboratoire IMT-Atlantique. 

« Ce projet du département illustre la capacité de l’investissement public à créer une dynamique collective et à fédérer des acteurs privés innovants autour d’une vision commune: construire en Sarthe un numérique souverain, performant et responsable, au bénéfice des collectivités, des entreprises et des habitants », conclut le Président de Sarthe Numérique. 

L’initiative pionnière dans le Grand Ouest devrait en susciter d’autres ailleurs car elle rapproche les capacités de calcul, de stockage et de traitement des données au plus près des usages locaux, en utilisant les infrastructures existantes plutôt qu’en construisant de nouveaux datacenters de plus en plus mal acceptés par les citoyens.