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Statistiques des déploiements FttH début 2025 : " c'est mieux que si c'était pire "

16/06/2025

Retour à la dure réalité

Après une forte hausse en trompe-l'oeil fin 2024 (liée à la possibilité de dissocier les prévisions de construction de nouveaux logements pour chaque commune dans l'année ou les années à venir), nous pouvons redémarrer les comparaisons trimestrielles et analyser le rythme réel de progression. Et c'est loin d'être réjouissant, mais loin aussi d'être aussi catastrophique qu'attendu.

 

Des déploiements FttH en chute continue

Il faut remonter presque 10 ans en arrière, plus précisément au troisième trimestre 2016, pour trouver de tels niveaux de déploiements : un peu moins de 500 000 prises ! Or il reste beaucoup plus de prises à construire que ce qui avait été construit en 2022, année où la décrue inattendue du rythme de déploiement s'est fortement faite sentir pour la première fois. Cette évolution est donc inquiétante, même si elle n'a pas le même impact sur les différents zonages.

Et si nous avions conclu s'agissant des statistiques de 2024 qu'il n'y avait pas eu d'impact des nouveaux "engagements" L33-13 d'Orange signés avec l'Etat en février 2024, force est de constater que ce début 2025 n'augure aucun changement de tendance non plus. De quoi donner 100% raison à la réaction des associations d'élus à ces nouveaux "engagements"...

 

La complétude départementale avance doucement... mais pas sûrement

Côté zones RIP départementales, seuls 3 nouveaux départements franchissent les 95% : le Cher, la Côte d'Or et l'Indre. Et au rythme actuel, 7 nouveaux RIP seulement devraient atteindre ce niveau avant la fin de l'année 2025. Il pourrait donc rester 28 zones RIP départementales non terminées à cette échéance. 

Les progressions les plus notables sont à chercher en Bretagne : Finistère (+8%), Ille-et-Vilaine (+7%) et Côte-d'Armor (+5%). La Bretagne prévoit d'ailleurs de rendre raccordables quelques 300 000 nouvelles prises d'ici la fin de l'année, concervant ainsi le même rythme de production qu'en 2024.  La Dordogne enchaîne également les progressions spectaculaires et débute l'année avec 7% de nouvelles prises. Périgord Numérique fêtait d'ailleurs la fin de ses déploiements le 10 juin dernier, ce que la prochaine édition de statistiques FttH de l'Arcep viendra confirmer début septembre (l'Autorité publie ses statistiques avec un trimestre de décalage). On notera également les Deux-Sèvres (+5%), les Alpes-Maritimes et l'Isère (+4%).

Côté zones privées départementales, 7 nouveaux territoires seulement dépassent à leur tour les 95% : les Ardennes, le Bas-Rhin, la Charente-Maritime, les Hautes-Alpes, le Puy-de-Dôme et la Vendée. Aucune progression notable, hormis peut-être dans les Vosges (+3%) sans permettre pour autant à la zone AMII de ce territoire d'y atteindre les 90% de couverture...

Image retirée.

Image générée par l'Avicca et l'IA

On ferme le cuivre à quel moment ?

Pour fermer le cuivre, il faut une complétude parfaite des communes, y compris en zone très dense. Et là, les choses s'améliorent enfin un peu pour les 106 communes de ce zonage particulier : 19% d'entre elles atteignent les plus de 99% de raccordables à la fibre, contre à peine 11% trois mois plus tôt (voir détails dans l'article dédié à la ZTD). Alors que l'on s'orientait vers une fermeture du cuivre vers 2031 voire 2032 au rythme précédent, on pourrait fermer en théorie le cuivre dans toute la ZTD à l'horizon 2030, à condition bien sûr de rester à plus de 50 000 nouveaux locaux raccorables par trimestre, ce qui n'est pas gagné.

La trajectoire de fermeture de la zone AMII reste mauvaise, en raison du faible niveau de déploiement FttH. Certes, le nombre de communes intégralement couvertes (et donc où le cuivre pourrait être fermé) augmente de 2% depuis 2024,  mais au global, moins d'un tiers des communes de la zone AMII pourrait être fermées. tout juste pouvons-nous espérer une fermeture complète du cuivre en 2028 au mieux ! Et s'agissant des zones AMEL et CPSD, après des statistiques souvent meilleures qu'attendues, le niveau de déploiement est en chute libre, au plus bas depuis le lancement des AMEL, et inférieur de moitié au plus mauvais des trimestres 2024 (voir détails dans l'article dédié à ces trois zonages). Simple trou d'air ou bien problème plus structurel ? Toujours est-il qu'avec 41,7% des communes intégralement couvertes par la fibre (soit une progression de +0,5% par rapport à 2024), l'objectif d'une fermeture complète en 2026 reste encore envisageable, mais sera à confirmer avec la publication des statistiques du T2 2025.

Pour la zone RIP (voir article dédié), ce n'est pas glorieux non plus. Le ralentissement "s'accélère", les déploiements FttH revenant à leur niveau du T2 2019. Toutefois, plus de 55% des communes sont d'ores et déjà éligibles à une fermeture totale du réseau cuivre, soit une progression de 2%. On reste donc sur une possibilité de fermer totalement le cuivre en zone RIP à l'horizon 2027, à condition de ne pas ralentir plus encore...

Ce qui permet d'actualiser un peu notre précédente conclusion : le cinquième lot de fermeture du cuivre devrait en toute logique mettre l'accent sur la fermeture des communes préférentiellement en zone RIP, dans une moindre mesure, en zones AMEL et CPSD, prévoir enfin un peu plus de communes en ZTD et éviter pour le moment au maximum la zone AMII.